Il y a une lueur d'espoir dans le rapport sombre de l'OCDE. Des mesures ciblées et coordonnées par les banques centrales et les décideurs politiques pourraient aider l'économie à retrouver le chemin de la croissance en 2021. L'appel à l'action n'est pas resté sans réponse. Les ministres des finances et les banques centrales du G7 se sont réunis à la hâte pour une conférence téléphonique et ont promis de surveiller de près l'apparition du virus et se sont dits prêts à réagir de manière appropriée.
Plus précisément, la BCE, la Fed, la Banque d'Angleterre et la Banque du Japon ont assuré que les mesures nécessaires seront prises pour protéger l'économie des conséquences du virus. La première étape a été franchie cette semaine par la banque centrale australienne, qui a réduit son taux directeur de 25 points de base à un niveau record. Les marchés s'attendent à ce que la BCE fasse de même le 12 mars avec une baisse du taux de dépôt de -0,5 % à -0,6 %, ainsi qu'une nouvelle baisse identique d'ici la fin d'année. La Fed va probablement réduire son taux de référence de 50 points de base pour le ramener à 1% d’ici sa réunion du 18 mars. Certains investisseurs spéculent même sur le fait que la Fed agisse plus tôt. Sa dernière baisse d'urgence remonte à la crise financière en 2008.
L'Italie a annoncé cette semaine un plan de relance de 3,6 milliards d'euros comprenant des baisses d'impôts, et des allégements pour les entreprises les plus touchées dont les ventes ont chuté de plus de 25%. En outre, 900 millions d'euros ont été annoncés pour les régions du nord de l'Italie gravement touchées. Le ministre allemand des finances a souligné que l'Allemagne a le poids financier nécessaire pour réagir si l'épidémie devait avoir un impact grave sur l'économie.
Toutefois, on ne sait pas encore dans quelle mesure l'économie de ce pays a déjà été touchée. Les données février sont rares et les indicateurs avancés ont même augmenté. Selon la Commission européenne, le sentiment des entreprises et des consommateurs dans la zone euro était aussi en hausse. Même l'Italie, pays le plus touché en dehors de l'Asie, a vu son climat économique s’améliorer en février, même si les chaînes d'approvisionnement sont gravement touchées par l'épidémie et si ce n'est probablement qu'une question de temps avant que les effets deviennent plus clairs.
L'épidémie de coronavirus étant ce qu'on appelle un choc de l'offre, certains se demandent dans quelle mesure la baisse des taux et les plans de relance sont des réponses adaptées. Une action décisive et coordonnée des banques centrales et des ministres des finances pourrait contribuer à stabiliser le sentiment, soutenir temporairement les entreprises en difficulté, et préparer le terrain pour que l'économie retrouve le chemin de la croissance, peut-être dès le second semestre de l'année.
Le marché boursier semble anticiper ces perspectives prometteuses et a déjà pu se redresser après avoir atteint son plus bas. Certains investisseurs ont peut-être lu le fil Twitter du président américain Donald Trump, qui a appelé la semaine dernière à l'achat d'actions aux États-Unis. Il reste cependant à voir s’il Trump a eu raison de le faire.
Klaus Härtl, Daniel Bleiberg